SAOUT ENNISSA... La voix des femmes

SAOUT ENNISSA... La voix des femmes
Cette héroïne, qui vécut au XIIIe siècle, mère du roi Yaghmoracen, fondateur du royaume des Zianides qui a libéré le Maghreb Central de la tutelle des Almohades.

Saout Ennissa joua un rôle prépondérant en compagnie d'autres femmes pour défendre Tlemcen alors assiégée par la dynastie des Ménirides arrivés de Fès (1299-1307).

C'est une époque charnière ici mise en avant : moment de l'édification des contours des trois pays du Maghreb, le Maroc, l'Algérie (qui représente alors le Maghreb central ayant Tlemcen pour capitale) et la Tunisie.

Lors de ce conflit, les femmes des deux parties belligérantes établirent des contacts de solidarité et Saout Ennissa se révéla une subtile négociatrice de la paix, ce que ses descendantes perpétuèrent durant trois générations.

Cela donne à penser quant à l'importance du rôle des femmes dans le mouvement de l'Histoire humaine ; cela donne à se demander pourquoi ce rôle est si mal connu, mal reconnu ; et pourquoi n'est-il pas le garant ontologique de la pleine reconnaissance d'une égalité totale des droits entre homme et femme, où que ce soit !?

# Posté le mercredi 25 juin 2008 10:26

Une grande artiste... TAOS AMROUCHE

Une grande artiste... TAOS AMROUCHE
Taos Amrouche est une grande artiste Amazigh-Kabyle, elle fut écrivain d'expression française et interpréte de chants traditionnels kabyles. Elle est née le 4 mars 1913 à Tunis.

Taos, fille de Fadhma Aït Mansour Amrouche et sœur de Jean-El Mouhoub Amrouche, est la première femme algérienne romancière, avec Jacinthe noire, publié en 1947. Son œuvre littéraire, écrite dans un style très vif, est largement inspirée de la culture orale dont elle est imprégnée, et de son expérience de femme. En signe de reconnaissance envers sa mère, Marguerite-Fadhma Aït Mansour, qui lui a légué tant de chansons, contes et éléments du patrimoine oral, elle signe Marguerite-Taos le recueil « Le Grain magique », en joignant à son prénom celui de la mère.

Parallèlement à sa carrière littéraire, elle interprète de très nombreux chants [amazigh]], qu'elle tient de sa mère. Ces textes sont par ailleurs traduits par son frère Jean Amrouche. Douée d'une voix exceptionnelle, elle se produit dans de nombreuses scènes, comme au Festival des Arts Nègres de Dakar en 1966. Seule l'Algérie lui refuse les honneurs : elle n'est pas invitée au Festival culturel panafricain d'Alger en 1969. Elle s'y rend tout de même pour chanter devant les étudiants d'Alger. Taos Amrouche a œuvré pour la culture Amazigh : elle participe à la fondation de l'Académie berbère à Paris en 1966.

Œuvres littéraires

· Jacinthe noire, roman, 1947.
· Le Grain magique, recueil de contes et de poèmes, 1966.
· Rue des tambourins, roman, 1969.
· L'amant imaginaire, roman autobiographique, 1975.
· Solitude ma mère, roman posthume, 1995

Discographie

· Chants berbères de Kabylie, 1967, Grand prix du disque.
· Chants de processions, méditations et danses sacrées berbères, 1967.
· Chants de l'Atlas, 1971.
· Chants espagnols archaïques de la Alberca, 1972.
· Incantations, méditations et danses sacrées berbères, 1974.
· Chants berbères de la meule et du berceau, 1975.

# Posté le mercredi 25 juin 2008 10:14

Lalla Fatma N'SOUMER, la Lionne du Djurdjura

Lalla Fatma N’SOUMER, la Lionne du Djurdjura
Lalla Fatma N'SOUMER, héroïne du Djurdjura (Kabylie), est née à Ouerja un village proche de Ain El Hammam en 1830, quand a commencé l'occupation française. Son vrai nom est Fatma Sid Ahmed. Le surnom "N'Soumer" lui a été donné pour sa piété et sa force et aussi parce qu'elle a vécu dans le village de Soumer. D'après la tradition Orale, elle était d'une grande beauté.

Le père de Fatma était le chef d'une école coranique qui était liée avec la Zawyia Rahmaniya de Sidi Mohamed Ibn Abderrahmane Abu Qabrein. Très jeune, Fatma a mémorisé le Coran, simplement en écoutant les disciples de son père psalmodier les différentes sourates. Elle a été décrite comme très douée et possédant une mémoire stupéfiante.

A la mort de son père, Fatma a dirigé l'école coranique avec son frère Si Mohand Tayeb. Elle s'occupait principalement des enfants et des pauvres. En plus de sa piété, sa sagesse et son intelligence remarquable, elle acquit une excellente réputation à travers les régions de Kabylie. Fatma avait seulement 16 ans lors de l'occupation de la Kabylie par les soldats français.

La Kabylie fut conquise, non sans violents combats, comme les autres régions. Mais l'insurrection, menée par Fatma, reste une des plus importante grâce à cette noble et brave combattante. Les Français l'ont surnommée "la Jeanne d'Arc du Djurdjura", une comparaison que la pieuse Fatma n'a pas acceptée. Armée d'une foi infaillible, elle s'est jetée dans les batailles sanglantes pour repousser l'ennemi.

En 1854, à Oued Sebaou, Fatma, alors âgée de 24 ans, a donné à l'armée française une leçon de détermination et de courage, bien que celle-ci soit largement supérieur en nombre et matériel) Pendant cette fameuse bataille, menée par Mohamed El Amdjed Ibn Abdelmalek (surnommé Boubaghla), qui n'avait su enlever aux troupes françaises leur avantage, Fatma, à la tête d'une armée de femmes et d'hommes, a vaincu et mené son peuple à la victoire, victoire louangée à travers toute la Kabylie. Des mosquées, zawiyas et écoles coraniques s'élevait de retentissants chants pieux en l'honneur de héroïne du Djurdjura.

Le Général Randon, qui n'accepte pas cette défaite, demande aux habitants d'Azazga de l'aider à trouver la cachette de Fatma N'Soumer "pour en finir avec sa légende et ses méfaits". La réponse faite à son émissaire fut : "Allez près de celui qui vous envoie et dites lui que nos oreilles n'entendent pas ce langage qui nous demande de trahir". A cette réponse, le Général Randon dit : "Puisqu'ils sont restés sourds à nos appels, je vais leur faire entendre le son des cannons".

Fatma N'Soumer ne se rendit pas. Et même, après la prise d'Azazga par Randon et les féroces répressions de ses troupes, elle mobilise la population et livre plusieurs batailles. Elle appelle le peuple à "frapper pour l'Islam, la Patrie et la Liberté. Ce sont nos constantes et elles sont sacrées. Elles ne peuvent être l'objet de concessions ou de marchandages." Sa forte personnalité a eu une grande influence à travers toute la Kabylie, montrant le chemin par le sacrifice et la détermination de la population durant les batailles, spécialement celles d'Icherridene et Tachkrit, où les troupes ennemies subirent de graves défaites. Lors de la dernière victoire kabyle, le 18 juillet 1854, les pertes pour l'ennemi furent lourdes : 800 morts dont 56 officiers et 371 blessés.

Finalement, Randon demande un cesser le feu, accepté par Fatma N'Soumer, une décision stratégique militaire et politique. Elle planifie d'utiliser cette période de cesser le feu pour réorganiser et renforcer ses troupes. Les champs sont labourés et semés, des fabriques d'armes émergent à travers tout le pays. Cependant ce cesser le feu, comme tous les précédents, n'est pas respecté par les Français. Après trois ans, en 1857, les Français ayant aussi réorganisé leur armée, lancent des attaques contre plusieurs grandes villes qu'ils gagnent.

Fatma N'Soumer, après avoir appelé ses guerriers à la liberté, appelle la population pour un ultime effort. Ce fut la façon d'occuper trois positions stratégiquement importantes. Entourée des femmes de la région, Lalla Fatma dirige l'attaque ? Cependant, la bataille fut perdue ...

Cette même année, Fatma est arrêtée et emprisonnée dans les Issers, ensuite à Tablat. Les soldats français dépensent sa fortune, mise à la disposition de la zawiya des disciples de son frère. Sa riche bibliothèque, contenant une mine de travaux scientifiques et religieux, fut complètement détruite.

Lalla Fatma N'Soumer meurt en 1863. L'épreuve de son incarcération, la frustration de n'avoir pu mener son peuple à la victoire et les insultes que celui-ci subit, la submerge, l'affecte et sa santé se détériore. Elle avait seulement 33 ans ...

# Posté le mardi 25 mars 2008 06:33

L'histoire de la plus grande Reine du Maghreb... KAHINA

L’histoire de la plus grande Reine du Maghreb… KAHINA

Cette histoire est spécialement dédicacée à Amel de khenchela

La KAHINA, de son vrai prénom « Dihya » ou « Dyna » ou encore « Damya, appelée Tadmaït » était la fille de Matiya, chef de la tribu des Djrawas, qui vivait dans les Aurès (actuelle région des CHAOUIS) .

Si vous preniez une règle, un crayon, une carte de l'Algérie et que vous traciez un triangle entre les trois points de Batna, Tebessa et Biskra vous auriez la zone d'influence de la KAHINA et le champ des évènements relatifs à son histoire.

Dès son plus jeune âge, la KAHINA a révélé un tempérament fougueux et un esprit téméraire. Elle était très bonne cavalière, pratiquait le tir à l'arc et rivalisait d'adresse avec les meilleurs tireurs et cavaliers de sa tribu. Un peu plus tard elle sera également reconnue pour sa sagesse et sera souvent consultée pour arbitrer et trancher dans des affaires difficiles.

Une Reine élue il y a plusieurs siècles!!!

A la mort de son père, elle propose sa candidature pour sa succession. Mais le conseil des sages, la djemââ, qui se réunit pour en décider, lui reprochera son célibat. Une femme ne pouvait pas espérer accéder au statut de chef, une jeune fille encore moins. Si au moins elle était mariée... elle va alors, épouser un prétendant, apparemment de haut rang, avec qui elle aura deux garçons, Ifran (Mesraïm) et Yezdia (Slimane), et elle devient alors Chef de sa tribu.

En vérité, les conditions de sa désignation comme chef ou "reine" de sa tribu nous sont inconnues. Il faut juste avoir à l'esprit que le pays était en guerre. Le père de la KAHINA avait lui-même trouvé la mort au combat vers 686, aux côtés du prince KOCEILA et contre les troupes Arabes.

Malgré la traversée du Maghreb d'est en ouest par Oqba Ibn Nafi'e, quinze ans plus tôt, le pays n'était pas encore acquis. Il restait de nombreux foyers de résistance berbère. Et les batailles avaient décimé les troupes arabes, autant que berbères.

La légende raconte qu'elle avait un atout majeur quand à sa nomination au titre de chef. En effet, la légende nous dit qu'elle avait le don de prédire l'avenir... d'ailleurs KAHINA signifie en Arabe « prophétesse » ou « Devineresse » . Certaines mauvaise langue soutiennent que cela veut dire « sorcière » mais il semble que ce surnom de langue Arabe n'a rien de péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu « Cahen, Cohen » qui signifie « prêtresse » du grec « être pure ».

Mais, soyons objectifs : il était facile pour la KAHINA de voir les conséquences de ses actes et de ceux des siens, et il lui était plus facile encore de prédire le résultat d'une guerre qui allait lui être fatale. Ceci évidemment, au vu de sa stratégie, de celle de son ennemi, de son armée qui se réduisait et de celle de son adversaire qui au contraire augmentait en nombre et en forces. Sinon, le premier analyste politique se verrait aujourd'hui attribuer le titre de devin.

Mais, la KAHINA a du utiliser tous les moyens pour accéder au statut de chef, le mythe a fait le reste. Elle voulait certainement venger la mort de son père et en même temps empêcher la conquête de son pays par de nouveaux envahisseurs. Elle a mis toute son énergie et toute sa force de persuasion pour s'allier un grand nombre de guerriers venus des différentes tribus des Aurès. Et elle les mènera au combat comme un véritable général.

La KAHINA prend la tête de la résistance en 688, juste après la mort de Koceila et de son père Matiya. Elle dirigera la tribu des Dejrawas pendant 65 ans, d'après les Bakur Ad Darisi, qui ont été rapporté par Ibn Khaldoun, elle aurait vécu 127 ans...

10 ans de résistance

Premier fait d'arme, la KAHINA ordonne la mort de Okba Ibn Nafe pour venger la mort de Koceila (Kusayla) et de son père. Les Berbère Tahuda exécutent l'ordre de tuer Okba Ibn Nafe. La guerre se déclenche entre les Berbères et les Omeyades, la tribu berbère des Banou Ifren Zénète sera la première tribu à défendre les territoires au côté de la KAHINA.

Du côté des Omeyades c'est Hasan Ibn Numan qui prend le commandement en 695. La première grande bataille entre la KAHINA et Hasan aura lieu à Miskiana entre Tebessa et Aïn Beïda dans la région Constantinoise. Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit. en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Hasan. Les troupes d'Hasan sont écrasées. Les Aurésiens les poursuivront jusqu'à Gabès. La KAHINA vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine (actuelle Lybie) et Ibn Numan sera à nouveau battu prés de Tabarqa par la KAHINA et ses troupes.

Son armée doublement défaite et décimée, Hasan demande un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès. La KAHINA s'engagea une dernière fois dans la bataille en 702 de nouveau à Tabarqa.
La KAHINA s'avait la défaite imminente et demande à ses fils de rejoindre les Arabes. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. La défaite des troupes de la KAHINA est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères.

Finalement, la Reine KAHINA est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la KAHINA). Sa tête est envoyée au calife Malik Ibn Marwan.

Conclusion

Hasan a malgré tout garder un grand respect pour la KAHINA qu'il n'aurait jamais battu sans les renforts et certaines trahisons. Hasan confiera à chacun des fils de la KAHINA le commandement de 6000 hommes. Fils d'une véritable guerrière, ils étaient aussi d'excellents guerriers. Et ils deviendront les défenseurs de l'Islam au Maghreb. La suite de leur histoire s'écrira avec la conquête du Maroc et de l'Espagne.
La KAHINA malgré toutes les contradictions qui entourent son personnage demeure une exception dans notre histoire en matière de commandement. Elle a été et par le témoignage même de ses ennemis, un sérieux obstacle à la conquête du Maghreb. Un obstacle qui aura duré dix ans. Suffisamment en tout cas pour s'inscrire parmi les grands noms de l'Histoire de l'Algérie.

Longtemps encore, la KAHINA et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu'au sacrifice d'elle-même qu'à la protection qu'elle donna jusqu'au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes Imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l'égal de MASSINISSA et de JUGURTHA.

# Posté le lundi 25 février 2008 07:07

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 15:42

TIN-HINAN, la Reine des Touaregs

TIN-HINAN, la Reine des Touaregs
Cette article est dédié à Emilie pour son étrange ressemblance spirituelle avec Tin-Hinan ... une force qui a traversée les âges semble t-il ...

TIN-HINAN, cette femme énigmatique, dont l'existence nous a été révélée par la tradition orale et dont le nom voudrait dire « celle qui vient de loin » ou « celle qui se déplace », aurait été la mère fondatrice du peuple touareg. A travers les récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert, on peut retrouver son image : « Une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l'ensemble évoquant à la fois la beauté et l'autorité ».
Lorsqu'elle est arrivée dans le HOGGAR, « elle venait de loin », indique son nom. Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Berbères du TAFILALET, une contrée pré-saharienne du sud marocain qui devait être plus verdoyante qu'aujourd'hui.

On ne sait pas pourquoi TIN-HINAN a quitté le Tafilalet mais on suppose que le fait que la vie en Numidie, qui est à l'époque perturbée par l'invasion des Romains, aurait été l'un des arguments pour le départ. Vers une région plus sur et plus libre : IMAZIGHEN « les hommes libres », déjà à cette époque les berbères revendiquaient la liberté...

Autre hypothèse : un conflit personnel au sein de la famille ou de la tribu qui aurait incité TIN-HINAN à fuir loin de son milieu d'origine. Une femme intelligente, une femme d'autorité qui prend la décision de partir... pourquoi pas ?

Ce que l'on sait, c'est qu'elle ne fut pas seule à faire le trajet mais qu'elle se rendit dans ce haut massif du Sahara algérien en compagnie d'une servante nommée TAKAMAT.

Un jour, enfin, le sable s'estompe et la roche granitique, surmontée de crêtes et de pitons, apparaît. Il faut contourner les montagnes, se faufiler dans les vallées, trouver les trous qui ont conservé l'eau de pluie, et surtout faire manger les animaux. Région magnifique, mais aride et difficile. Pourtant, c'est là que TIN-HINAN s'installe. L'oasis d'ABESSALA, près de TAMANRASSET, lui offre l'hospitalité de ses eaux et de ses pâturages. Y rencontra-t-elle d'autres habitants ? D'après Henri Lhote, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l'AHAGGAR (Hoggar), le pays aurait connu une population nombreuse, attestée par les palmeraies de Silet et d'Ennedid et des puits creusés avant l'arrivée de TIN-HINAN. Cette population noire, les ISEBETEN, ayant presqu' entièrement disparu, TIN-HINAN n'aurait pas eu besoin de se battre pour conquérir ces lieux devenus inhabités.
Que se passa-t-il dans les années qui suivirent cette installation dans le Hoggar ? Qui fut le père des enfants de TIN-HINAN ? Un compagnon venu avec elle du Tafilalet ? Un noble voyageur originaire de Libye ou d'Egypte ? Ou simplement un survivant de ces habitants qui occupaient les lieux précédemment ? Le nom de ce « père » n'est pas resté dans les récits véhiculés par la tradition. Mais, chez les Touaregs, la femme jouit d'un statut privilégié et le matriarcat est de règle, ainsi donc, n'est retenue que la descendance féminine.

D'après la légende, TIN-HINAN aurait eu trois filles : TINERT, l'antilope, ancêtre des INEMBA ; TAHENKOT, la gazelle, ancêtre des KEL RELA ; TAMEROUELT, la hase, ancêtre des IBOGLÂN.
De son côté TAKAMAT, la servante, aurait eu deux filles qui reçurent en cadeau de TIN-HINAN les palmeraies de la région que possèdent toujours leurs descendants.
Les voilà donc installés dans l'oasis d'ABESSALA. Les tentes blanches se dressent dans ce paysage dominé par le haut massif de l'ATAKOR. La beauté des paysages, le silence de la nuit, le vent dans les montagnes n'a pu qu'inspirer ces nouveaux venus dans la région. Le tobol (tambour) et l'amzad (violon monocorde) étaient-ils déjà présents à l'époque de TIN-HINAN ? On peut imaginer que cette femme de caractère avait aussi le goût de la musique et de la poésie, tout comme ses descendants et, qu'autour du feu, les habitants du campement montraient leurs dons en ces matières.

# Posté le vendredi 15 février 2008 08:16

Modifié le lundi 31 août 2009 05:42